Formalités export Maroc : les papiers à réunir avant le devis
Mis à jour le 05/10/2026 · par Léo Bertin
Phytosanitaire ONSSA, EUR.1 modifié en 2025, SASO, halal, Bio Maroc : les papiers à réunir avant un devis d'export depuis le Maroc, et qui les délivre.
Un exportateur marocain perd rarement un lot à cause du prix du fret. Il le perd parce qu’un certificat manque le jour du départ. Les formalités export Maroc se règlent donc avant la demande de devis, pas après. Un questionnaire de Diagnostic Digital comme celui d’ABS Mondial Export pose d’ailleurs les bonnes questions dans le bon ordre : produit, froid, certifications, port de départ. Ayez vos réponses prêtes avant de l’ouvrir.
Les formalités d’export au Maroc commencent avant le devis de transport
On imagine que le transitaire s’occupe de tout. Il s’occupe du transport et du dédouanement. Les certificats liés à la marchandise, c’est vous qui les obtenez, auprès d’organismes qui ont leur propre calendrier.
Le vrai risque est ailleurs : un devis calculé sur « oranges, 20 tonnes, Agadir » ne dit rien du certificat phytosanitaire, de la preuve d’origine ou du certificat de conformité qu’exige le pays acheteur. Le prix tient. Le conteneur, lui, reste à quai.
Commencez par vérifier ce que votre acheteur réclame noir sur blanc. Demandez-lui la liste écrite des documents exigés à l’arrivée. Ne vous contentez pas d’un « comme d’habitude » au téléphone. C’est l’erreur classique, et c’est elle qui coûte des jours de surestaries.
Du produit au départ : les étapes d’un envoi à l’export
1. Le besoin
Import, export, logistique ou entreposage.
2. Le produit
Frais, bio, alimentaire emballé, artisanat, textile, cosmétique, machines.
3. Le froid
Ambiant, réfrigéré ou surgelé.
4. Les certificats
Phytosanitaire, origine, halal, bio, SASO / ESMA.
5. Le départ
Casablanca, Tanger Med, Agadir, Jorf Lasfar, Mohammed V…
L’étape 4 est celle qui bloque un envoi. Elle se prépare avant l’étape 5, jamais le jour du chargement.
Quels papiers selon la marchandise : produits frais, bio, artisanat, cosmétiques
Tous les produits ne sont pas logés à la même enseigne. La catégorie décide des papiers, et donc des délais.
Fruits et légumes frais. Il faut un certificat phytosanitaire pour chaque envoi. C’est le dossier le plus serré, parce que la marchandise n’attend pas. Une palette d’agrumes bloquée deux jours à Tanger Med perd de sa valeur à chaque heure.

Produits bio. Ici, deux questions. Votre production est-elle certifiée selon le référentiel marocain ? Et ce label est-il celui que demande le pays acheteur ? La réponse à la deuxième n’est pas automatiquement oui. Un acheteur européen vous parlera certification UE, un acheteur canadien de son propre référentiel.
Artisanat, textile, cosmétiques, huiles. Pas de phytosanitaire en général, mais la preuve d’origine compte pour les droits de douane à l’arrivée. Pour les cosmétiques et l’huile d’argan destinés au Golfe, ajoutez les règles de conformité du pays de destination. On y revient plus bas.
Le reste, étiquetage et emballage, se traite avec l’acheteur. Ce n’est pas là que les lots se perdent.
Le saviez-vous ?
Le Maroc a sa propre loi sur la production biologique : la loi n° 39-12, adoptée en 2013 et entrée en application en 2018. Le logo « Bio Maroc » a été créé la même année. L’ONSSA y est l’autorité compétente : c’est elle qui agrée les organismes de contrôle et de certification. Ecocert a été le premier organisme habilité à certifier selon le référentiel marocain, en août 2018.
Sources : texte de la loi n° 39-12 publié par l’ONSSA ; TelQuel, 11 août 2018.
Certificat d’origine, phytosanitaire, halal : qui les délivre et quand les demander
Trois papiers, trois guichets. Les confondre fait perdre une semaine.
Le certificat phytosanitaire relève de l’ONSSA, l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires. Il atteste que les végétaux ont été contrôlés avant le départ. Sur le port de Tanger Med, la délivrance des certificats d’exportation agroalimentaires est dématérialisée, en partenariat avec l’ONSSA et la douane. Demandez-le dès que la date de chargement est arrêtée, pas la veille.

La preuve d’origine vers l’Union européenne passe par le certificat EUR.1, visé par la douane marocaine (ADII). Il ouvre droit aux tarifs préférentiels de l’accord d’association. Attention à la version en vigueur. Le Conseil d’association UE-Maroc a modifié le protocole n° 4 sur les règles d’origine par sa décision n° 2/2025 du 3 octobre 2025, publiée au Journal officiel en janvier 2026. La case 2 de l’EUR.1 doit désormais faire référence à cet accord. Un modèle rempli il y a un an est suspect par défaut.
Le certificat halal n’est pas délivré par l’administration des douanes. Il vient d’un organisme de certification, et c’est le pays acheteur qui décide lesquels il reconnaît. Demandez à votre importateur le nom exact de l’organisme accepté chez lui avant de payer un audit.
Notre avis : ne lancez aucune certification halal sans le nom de l’organisme reconnu par le pays d’arrivée, par écrit. Un certificat valable à Casablanca peut ne rien valoir à Riyad. Et un audit payé deux fois, ça ne se rembourse pas.
Exporter vers le Golfe : les exigences SASO et ESMA qui font refuser un lot
Vers l’Arabie saoudite, le passage obligé s’appelle SABER. C’est la plateforme en ligne de la SASO, l’organisme saoudien de normalisation, de métrologie et de qualité. Un produit couvert par un règlement technique saoudien doit y être enregistré.
Le mécanisme tient en deux certificats. Le certificat de conformité du produit (PCoC) vaut jusqu’à un an. Le certificat d’expédition (SCoC) se demande pour chaque envoi. Les deux passent par un organisme d’évaluation de la conformité reconnu. C’est généralement l’importateur saoudien qui ouvre le dossier sur SABER. Vérifiez qu’il l’a fait avant que le conteneur quitte Casablanca.
Vers les Émirats, le questionnaire parle d’ESMA. Là encore, le bon réflexe est de demander à l’importateur le certificat précis qu’exige son ministère pour votre catégorie. Je ne vous donnerai pas de liste générique : elle change selon le produit, et une liste fausse fait plus de dégâts que pas de liste.
Franchement, c’est sur ces marchés que je vois le plus de mauvaises surprises. Les exportateurs qui connaissent bien l’Europe pensent que le Golfe fonctionne pareil. Ce n’est pas le cas.
Maritime ou aérien, ambiant ou froid : les questions qu’un devis sérieux vous pose
Un devis qui ne vous pose aucune question sur la température ne vaut pas grand-chose. Le questionnaire d’ABS Mondial Export distingue trois cas : ambiant, réfrigéré, surgelé. Ce n’est pas un détail. Un conteneur frigorifique ne coûte pas le prix d’un sec, et il ne part pas de tous les quais.
Le port ou l’aéroport de départ pèse aussi. Agadir pour les primeurs du Souss, Tanger Med pour l’Europe, Jorf Lasfar ou Casablanca selon votre usine, Mohammed V pour l’aérien. Choisir le mauvais point de départ, c’est ajouter des kilomètres de camion avant même la douane.
Préparez quatre réponses avant de remplir quoi que ce soit : le produit exact, la valeur estimée de la marchandise pour la douane, la température requise, la liste des certificats déjà en main. Avec ça, le devis colle à la réalité. Sans ça, il sera révisé à la hausse.
Devis indicatif ou devis ferme : ce qui engage vraiment
La page d’ABS Mondial Export l’écrit clairement : le chiffrage obtenu en ligne est indicatif et sans engagement. On le confirme ensuite par WhatsApp ou par e-mail avec l’équipe. C’est honnête, et c’est la bonne lecture à en avoir.
Un devis indicatif sert à trancher vite : le projet tient-il économiquement, oui ou non ? Il ne fixe ni la date de départ ni le prix final. Ce qui engage, c’est la confirmation écrite qui suit, avec le détail des postes.
Ne réservez pas votre récolte sur un chiffrage indicatif. Attendez la confirmation écrite, puis lancez les certificats en parallèle. Rassurez-vous, ce sont deux chantiers qui avancent en même temps, pas l’un après l’autre.
La règle à retenir avant d’expédier
Le prix du fret se négocie. Un certificat absent, non. Avant de demander le moindre devis, obtenez de votre acheteur la liste écrite des documents exigés à l’arrivée, et cochez-les un par un. Le jour où cette liste est complète, le devis devient une formalité de calcul. Avant, c’est un pari.
Questions fréquentes
Qui délivre le certificat phytosanitaire pour exporter des fruits depuis le Maroc ?
L’ONSSA. Il faut un certificat par envoi. Sur le port de Tanger Med, la délivrance des certificats d’exportation agroalimentaires est dématérialisée en partenariat avec l’ONSSA et la douane.
Le certificat EUR.1 a-t-il changé ?
Oui. La décision n° 2/2025 du 3 octobre 2025 a modifié les règles d’origine de l’accord UE-Maroc. Elle a été publiée au Journal officiel en janvier 2026, et la case 2 de l’EUR.1 doit désormais y faire référence.
Le label Bio Maroc suffit-il pour vendre en bio à l’étranger ?
Pas automatiquement. Il atteste la conformité à la loi marocaine n° 39-12. Le pays acheteur peut exiger sa propre certification : demandez-lui laquelle avant d’engager les frais.
Faut-il un certificat SASO pour exporter vers l’Arabie saoudite ?
Si votre produit est couvert par un règlement technique saoudien, oui. Il faut un enregistrement sur la plateforme SABER, un certificat de conformité du produit valable jusqu’à un an, et un certificat d’expédition pour chaque envoi.
Sources
Tanger Med Port Authority : dématérialisation des certificats d’exportations agroalimentaires (ONSSA, douane), consulté le 5 octobre 2026.
ONSSA : loi n° 39-12 relative à la production biologique des produits agricoles et aquatiques.
TelQuel : « Ecocert, premier organisme de certification du bio marocain », 11 août 2018.
Classe Export : mise en place du système SALEEM-SABER en Arabie saoudite.
SGS : Arabie saoudite, certificat de conformité SASO.
Entreprises du Maroc : modification des règles d’origine de l’accord UE-Maroc publiée au Journal officiel, 28 janvier 2026.
Rédacteur · impôts, argent, famille
Léo Bertin suit les imprimés fiscaux, les aides financières et les démarches familiales. Il compare chaque fiche à la version en vigueur sur le site de l’organisme qui l’édite, et signale quand un formulaire papier a été remplacé par un service en ligne. Sa question de départ : le lecteur doit-il vraiment déposer ce papier, ou en est-il dispensé ?



