Lorsqu’un débiteur est soumis à une procédure collective, les créanciers doivent déclarer leurs créances pour espérer être payés. Savez-vous que près de 30% des créanciers n’arrivent pas à récupérer leurs fonds faute de déclaration appropriée ?
La déclaration de créance est une étape cruciale qui nécessite une attention particulière. Elle doit être effectuée dans les délais impartis et avec les informations requises pour éviter tout rejet. Dans cet article, nous vous guiderons à travers les étapes clés pour déclarer efficacement votre créance.
Points clés à retenir
- Comprendre l’importance de la déclaration de créance dans une procédure collective.
- Connaître les délais et les informations nécessaires pour déclarer votre créance.
- Utiliser un modèle de formulaire de déclaration de créance pour optimiser vos chances.
- Suivre la procédure complète, du dépôt de la déclaration à la vérification de votre créance.
- Connaître les conséquences d’une admission ou d’un rejet de votre créance.
Comprendre la déclaration de créance
Lorsque vous êtes créancier d’un débiteur soumis à une procédure collective, il est essentiel de comprendre le processus de déclaration de créance. Cette démarche est cruciale pour faire valoir vos droits et participer à la procédure judiciaire concernant votre débiteur.
Qu’est-ce qu’une déclaration de créance ?
Une déclaration de créance est une formalité par laquelle vous informez le tribunal et le mandataire judiciaire de l’existence de votre créance envers le débiteur soumis à une procédure collective. Les créances à déclarer sont celles nées avant le jugement d’ouverture de la procédure, quelle que soit leur nature (civile, commerciale, fiscale, sociale, etc.).
Les créances peuvent être certaines, liquides et exigibles, ou bien conditionnelles, litigieuses ou éventuelles. Il est important de déclarer votre créance même si elle est conditionnelle ou litigieuse, car cela vous permet de préserver vos droits.

Dans quels cas faut-il déclarer une créance ?
Vous devez déclarer votre créance lorsque votre débiteur fait l’objet d’une procédure collective, notamment en cas de sauvegarde, de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire. L’obligation de déclaration concerne toutes les créances nées avant le jugement d’ouverture de la procédure collective.
- Vous devez déclarer votre créance quelle que soit sa nature : civile, commerciale, fiscale ou sociale.
- Même les créances conditionnelles, litigieuses ou éventuelles doivent être déclarées dans les délais légaux.
- Certains créanciers, tels que les salariés et les créanciers alimentaires, bénéficient d’un régime particulier et ne sont pas tenus de déclarer leur créance.
Le formulaire de déclaration de créance : contenu et préparation

Lorsque vous préparez votre déclaration de créance, il est essentiel de comprendre les informations requises et les documents à joindre. Cette étape est cruciale pour garantir que votre créance soit prise en compte lors de la procédure de redressement judiciaire.
Informations requises dans le formulaire
Le formulaire de déclaration de créance nécessite des informations précises sur la créance en question. Vous devez fournir les détails sur l’existence et le montant de la créance. Si la créance ne résulte pas d’un titre exécutoire, vous devez certifier sur l’honneur la sincérité de la déclaration. Dans certains cas, le juge-commissaire peut demander le visa du commissaire aux comptes ou de l’expert-comptable.
Il est crucial de remplir le formulaire avec soin, en veillant à ce que toutes les informations soient exactes et complètes. Cela inclut les détails sur la nature de la créance, les factures ou documents commerciaux pertinents, et tout autre élément justifiant la créance.
Documents justificatifs à joindre
Pour justifier votre créance, vous devez joindre plusieurs documents au formulaire de déclaration. Ces documents peuvent inclure des factures, des contrats, des bons de commande, des bons de livraison, ou tout autre document commercial pertinent.
Si votre créance fait l’objet d’un litige, vous devez préciser la juridiction saisie et joindre les documents relatifs à la procédure en cours. Pour les créances assorties de garanties ou sûretés, il est nécessaire de joindre les documents établissant ces garanties, tels que l’acte de cautionnement ou le nantissement.
Procédure de dépôt de la déclaration de créance
Après avoir rempli votre formulaire de déclaration de créance, vous devez le déposer auprès des instances appropriées. Cette étape est cruciale pour faire valoir vos droits en tant que créancier.
À qui adresser votre déclaration ?
Vous devez adresser votre déclaration de créance au mandataire judiciaire ou au liquidateur désigné dans le jugement d’ouverture. Il est essentiel de vérifier l’identité et les coordonnées de la personne responsable du dossier de votre débiteur.
Assurez-vous de bien comprendre les exigences spécifiques du mandataire ou du liquidateur concernant la procédure de dépôt.
Délais légaux à respecter
Le délai pour déclarer une créance est généralement fixé par le tribunal dans le jugement d’ouverture. Il est crucial de respecter ce délai pour éviter toute forclusion.
Vous devez donc être vigilant et préparer votre déclaration de créance suffisamment à l’avance pour la déposer dans les temps impartis.
Cas particulier : le relevé de forclusion
Dans certains cas exceptionnels, il est possible de demander un relevé de forclusion si vous n’avez pas pu déclarer votre créance dans les délais légaux. Cela peut être dû à un manque d’information sur le jugement d’ouverture, un cas fortuit ou une force majeure, une erreur induite par le débiteur ou le mandataire judiciaire, ou encore une fraude.
Vous devez présenter cette demande au juge-commissaire dans les six mois suivant la cessation du motif qui a empêché la déclaration dans les délais.

Suivi et vérification de votre créance
Une fois votre créance déclarée, il est important de connaître les procédures de suivi et de vérification. Cette étape est cruciale pour garantir que votre créance est traitée de manière appropriée et que vos droits sont préservés.
Le rôle du mandataire judiciaire
Le mandataire judiciaire joue un rôle clé dans le processus de vérification des créances. Il est chargé d’examiner les déclarations de créance et de vérifier leur validité. Si la créance est contestée, le mandataire judiciaire adresse une lettre recommandée avec accusé de réception au créancier pour l’informer de la contestation.
L’état des créances et sa vérification
L’état des créances est un document qui récapitule toutes les créances déclarées. Le mandataire judiciaire est responsable de la vérification de ces créances et de l’établissement de cet état. Il est essentiel de vérifier que votre créance est correctement inscrite dans cet état.
Contestation de créance : comment réagir
Si votre créance est contestée, vous recevrez une lettre recommandée vous informant de la contestation. Vous disposez alors d’un délai de trente jours pour répondre et fournir vos explications. Il est crucial de réagir dans ce délai pour préserver vos droits et éviter que la décision du mandataire judiciaire ne devienne définitive.
En résumé, le suivi et la vérification de votre créance nécessitent une attention particulière. Il est essentiel de comprendre le rôle du mandataire judiciaire, de vérifier l’état des créances, et de réagir rapidement en cas de contestation.
Conséquences de l’admission ou du rejet de votre créance
L’admission ou le rejet de votre créance constitue une étape déterminante dans la procédure de déclaration de créance. Cette décision impacte directement vos droits et les actions que vous pouvez entreprendre par la suite.
Créance admise : quels sont vos droits ?
Si votre créance est admise, vous avez le droit de participer à la distribution des fonds disponibles dans le cadre de la procédure collective. Le montant de votre créance sera pris en compte pour déterminer votre quote-part. Il est essentiel de vérifier l’état des créances auprès du greffe du tribunal pour vous assurer que votre créance a été correctement enregistrée.
Créance rejetée : quels recours possibles ?
En cas de rejet de votre créance, vous pouvez former un recours devant la cour d’appel dans les délais légaux impartis. Il est crucial de motiver votre recours et de joindre les pièces justificatives démontrant le bien-fondé de votre créance. Le juge-commissaire joue un rôle clé dans l’examen de ces recours.
Selon les experts, « les parties et les organes de la procédure peuvent contester les décisions du juge commissaire devant la cour d’appel. »
Conclusion
Maximiser vos chances de recouvrement nécessite une déclaration de créance effectuée dans les règles de l’art et dans les délais impartis. Pour cela, il est crucial de comprendre la procédure collective et de suivre scrupuleusement les formalités. Le formulaire de déclaration doit être adressé au mandataire judiciaire ou au liquidateur dans les deux mois suivant la publication du jugement d’ouverture au BODACC. Pour plus de détails sur la procédure, vous pouvez consulter notre guide étape par étape sur comment déclarer sa créance.





